La Souricière

Objets perdus

Texte Libre

Bonjour à tous !

 

Je m'appelle Virginie (mon pseudo est Virgile). Je suis professeur de français en Belgique et je me prétends écrivain.

Ce blog voguera au fil de mes écrits et plongera au coeur de mes déboires d'enseignante. Parce que les deux font partie de ma vie et s'installent en maître au centre de mes pensées.

Mercredi 14 mars 2007

Un petit dessin de Zale, cette fois en couleur. Il y a déjà quelques temps qu'il est colorisé mais je n'avais pas le temps d'y porter la touche finale. C'est enfin chose faite.

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Dimanche 18 février 2007
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Mercredi 22 novembre 2006

Le couple maudit de mon histoire : Yseline et Merimée. Un petit extrait :

Merimée leva les yeux vers la voûte céleste qui se dessinait de l’autre côté de la fenêtre étroite. Le ciel était noir et son obscurité étouffait. Quand donc l’aurore dissiperait-elle les ténèbres ? Le soleil tardait à illuminer la terre qui quémandait sa chaleur réconfortante. L’homme éveillé s’effondra sur une chaise, sa tête heurtant durement le bois de la table. La douleur et la culpabilité se disputaient une place de choix au fond de son cœur lacéré. Pour la troisième fois en douze années, sa femme perdait l’enfant qu’elle portait depuis plusieurs mois. Cette fausse couche attisait la souffrance de celui qui espérait un fils ardemment, sans condition presque.

- Merimée, supplia une voix fatiguée.

L’époux se précipita jusqu’à la chambre d’Yseline dont la silhouette, habituellement robuste et droite, disparaissait sous les couvertures qui recouvraient son corps déserté.

- Je suis là, rassura-t-il.

Il enveloppa les doigts gelés dans sa main tremblante et s’assit au bord du lit.

- J’ai tué notre bébé.

Sanglot déchirant d’une mère abandonnée. Ses yeux noirs s’inondèrent de larmes coupables et les épaules se soulevèrent. Spectateur impuissant de ce drame, Merimée se mordit les lèvres. La nausée le tenaillait.

- Calme-toi, intima-t-il sans conviction.

- C’est de ma faute…

- Chut, ne dis pas cela.

Merimée lui caressa les joues, tentant d’effacer sa peine par ce geste tendre. 

- Ce sont les dieux qui décident, réconforta-t-il. Nous ne sommes en rien responsables de cette tragédie. Je sais que tu as mal, dame. Mais bientôt, tu seras prête pour porter un autre enfant.

- Non ! se débattit Yseline. Je ne veux plus.

- Que… que dis-tu ? balbutia l’homme.

- Je suis usée. Tellement vide. Mon bébé est parti. Comme les autres.

Une nouvelle vague de désespoir ravagea la femme allongée qui se recroquevilla sur elle-même. Les mots qui s’échappèrent de ses lèvres vacillantes sonnèrent la reddition complète :

- Les dieux nous punissent.

Merimée tressaillit sous le poids de cette terrible affirmation.

- Nous avons déjà payé.

- Pas assez. Jamais assez.

par Virgile publié dans : L'Album
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Copyright

 

L'écriture, c'est un feu d'artifices de mots, c'est un joyau qu'on déballe d'un écrin. C'est tout et ce n'est rien. On est tout puissant sur des personnages qu'on a enfantés et en même temps, on est sans pouvoir, parce qu'au fil de l'écriture, ils prennent une autonomie qu'on n'espérait pas.

La Plume

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