La Souricière

Objets perdus

Texte Libre

Bonjour à tous !

 

Je m'appelle Virginie (mon pseudo est Virgile). Je suis professeur de français en Belgique et je me prétends écrivain.

Ce blog voguera au fil de mes écrits et plongera au coeur de mes déboires d'enseignante. Parce que les deux font partie de ma vie et s'installent en maître au centre de mes pensées.

Jeudi 18 janvier 2007

Ola !

Grande nouvelle ! Le tome 1 des "Enfants de l'Hiver" est terminé. J'ai enfin fini cette correction qui me paraissait éternelle. C'est donc avec émotion que je vais imprimer le tout, relire une dernière fois et puis, direction l'Autre Monde (c'est-à-dire l'univers impitoyable de l'édition ^^)

Pour cette occasion, je vous mets un petit extrait ici, tiré du chapitre "Que les lâches se réveillent"

Le lourd grimoire relié de cuir se referma et engloutit son savoir, dans le secret de ses pages recouvertes. Je l’abandonnai au pied de mon lit, sans plus de considération qu’un vulgaire morceau de chiffon. Les mots danseurs flottèrent encore devant mes yeux et je les chassai d’une chiquenaude. Entre les centaines de livres qui peuplaient le bureau de mon maître, je piochais l’un des siens. Sa signature, à la fin de l’ouvrage, n’accordait aucun doute.

Je me levai finalement de ma couche, après y avoir paressé plus que nécessaire. L’orage de la nuit précédente m’avait tenue éveillée de longues heures et je ne m’endormis qu’aux premières lueurs de l’aube. Mon sommeil n’avait guère duré mais, par la suite, plongée dans un traité sur les lois du Long Eté, je n’émergeais que maintenant, tandis que le soleil claironnait le temps de midi. Ser Balem pincerait les lèvres, lorsque je pointerais enfin le bout de mon nez auprès de lui. Moins je passais de temps en sa compagnie et mieux je me portais. Je ne digérais toujours pas sa lâche attitude, face à l’exécution des innocents et je lui en voulais de haïr mes semblables avec une telle force. Je n’admirais plus ce vieillard dont j’excusais autrefois la froideur en prétextant de la réserve. L’aigreur de son âme déclamait ses gammes dans l’éclat glacé de son regard. Derrière l’impassibilité se cachait la laideur de la vengeance des pleutres.

- Te voilà enfin ! s’exclama la cuisinière, quand mes défroques chiffonnées se hissèrent sur un tabouret. J’ai rien à te mettre sous la dent.

- Je n’ai pas faim.

- Notre seigneur t’a déjà réclamée trois fois. Tu es chanceuse de servir un homme si bon.

L’ironie de mon sourire échappa à cette simple d’esprit. Elle travaillait ici bien avant moi et, malgré cela, ignorait tout du véritable visage de l’imposteur qui la commandait.

- Les désirs du maître sont des ordres, raillai-je.

- En ce cas, essaie de t’en souvenir.

Je me liquéfiai et mes oreilles chauffèrent, en pivotant vers le châtelain. Il m’écrasait et me toisait. Sous son œil bleu, je me tortillai, insecte pris au piège dans la toile d’un prédateur rusé.

- Ser… Balem, crachotai-je, vacillante.

- Quelle excuse évoques-tu pour ton retard ? exigea le seigneur du froid.

Sa main ridée se cramponnait à la poignée de la porte et elle tremblait. Comment, à son âge, pouvait-on s’accrocher à la vie et craindre à ce point la mort ? Je ne comprenais pas cette opiniâtreté de dément. Il exécrait la saison chaude et agonisait les nuits dépossédées de sa déesse. La fin en soi lui proposerait le repos et l’oubli. Alors que son existence ne lui réserverait que cette lente décadence qui le tenaillait depuis cinquante ans. Je l’admirais presque de son courage illusoire et ma hargne s’amenuisait.

- Je suis désolée, ser. Pardonnez-moi.

Je le priais sans fierté de m’accorder sa miséricorde, pour tout. Pressentait-il ce désir d’absolution ?

in Les Enfants de l'Hiver, V. DECAMPS

Copyrigth (c) SABAM

par Virgile publié dans : Les Enfants de l'Hiver
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Mardi 16 janvier 2007

Plus que 5 pages de correction, pour le premier tome et je l'aurai terminé ! Enfin !

Je suis fière de moi et j'ai hâte de corriger ces 5 dernières pages, pour imprimer le tout et donc, relire les quelques fautes de frappe ou de distraction qui seraient passées entre les mailles du filet. Et après... Après, eh bien ! Cela file chez les éditeurs, que je vais inonder de ma petite histoire. On n'a rien sans rien, je vais me faire très trèèèèèès insistante !

(sinon, considération qui n'a rien à voir avec le reste mais c'est une idée ou ma page de fond et ma bannière ont disparu ? ...)

par Virgile publié dans : Les Enfants de l'Hiver
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Dimanche 20 août 2006

J'arrive tout doucement à la fin de ma correction du tome 1 ! Oui oui, je vous assure. Il ne me reste plus que 25 pages à corriger. Si c'est pas magnifique, ça ^^

Et pour le coup, je vous offre un petit extrait corrigé. C'est une partie assez courte, du chapitre VI, intitulé "Sa grandeur et sa folie" :

 

     Le noir d’un regard intransigeant dégringola en même temps que la couverture qui glissait sur le sol. Quand cet œil dédaigna le spectacle désormais inanimé, il tenta de percer la nuit caressante. Les mille mains des dieux ténébreux cajolèrent un instant le bas des bottes d’un homme très grand et il les repoussa d’une chiquenaude invisible.

     - Capitaine ? s’inquiéta l’un des Chasseurs en s’approchant. Cet endroit…

     L’œillade sans âme s’éclaira d’ironie :

     - La peur te dicterait-elle ces mots, soldat ?

     - Non, messire. Mais…

     Le garde ne s’avança guère plus loin dans son explication boiteuse. Stephan comprenait ce que le subalterne tentait de décrire. Oui, le village empestait d’angoisse. Le crépuscule s’épaississait bien plus que dans tout autre lieu visité. Et la présente menaçante d’un Nuagel déboussolait les Chasseurs. Leur rôle consistait à attraper les Lunaires. Jamais ils ne s’étaient frottés à la descendance de la déesse détrônée. Même le capitaine au cœur bardé de chaînes tremblait d’affronter la fantomatique silhouette. Néanmoins, il l’enfermerait et lui ôterait ce souffle de vie qui offensait les dieux nouveaux depuis trop longtemps.

     - N’aie crainte, Chasseur, apaisa Stephan. Nos paravents nous protègent du Mal qui rôde autour de cette demeure.

     Sa main brûlée par le soleil effleura la barrière de toile qui repoussait les créatures de la nuit. Rien ne fléchirait la volonté du capitaine des Chasseurs du Nord. Certainement pas cette bourgade miteuse hantée par l’engeance maudite. Non, pas après avoir flirté aux abords de la spectrale ville d’Imrith.

par Virgile publié dans : Les Enfants de l'Hiver
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L'écriture, c'est un feu d'artifices de mots, c'est un joyau qu'on déballe d'un écrin. C'est tout et ce n'est rien. On est tout puissant sur des personnages qu'on a enfantés et en même temps, on est sans pouvoir, parce qu'au fil de l'écriture, ils prennent une autonomie qu'on n'espérait pas.

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