Bonjour à tous !
Je m'appelle Virginie (mon pseudo est Virgile). Je suis professeur de français en Belgique et je me prétends écrivain.
Ce blog voguera au fil de mes écrits et plongera au coeur de mes déboires d'enseignante. Parce que les deux font partie de ma vie et s'installent en maître au centre de mes pensées.
ATTENTION ! Ceci est mon avis sur le TOME 7 de HARRY POTTER !
Si vous ne voulez pas être "spoilé", ne lisez SURTOUT PAS ce qui suit le dessin !!!

J’ai préféré attendre avant de donner mon avis sur le tome 7 de JKR. Parce que tout était trop tumultueux dans ma tête pour être un minimum cohérent. Et j’avais peur de paraître vindicative.
J’ai terminé la lecture de « Deathly Hallows » avec un goût d’amertume dans la bouche.
Un mélange de plein de choses que je ne parviens pas à trier. J’en suis arrivée à diviser le « DH » en deux parties distinctes. D’un côté, les aventures du trio, l’intrigue, l’évolution d’une grande partie des personnages… bref, tout ce qui est positif ; et de l’autre, le reste. Et par le reste, c’est Severus Rogue.
Je ne parviens pas à détester cet ultime tome de la saga « Harry Potter ». Comment le pourrais-je alors qu’il y a tant de révélations aussi excellentes ?
Pourtant, ces éléments-là ne parviennent pas occulter ce que j’estimais être le fondamental, le primordial. A savoir, Severus Rogue.
Alors que certains se félicitent des révélations faites (l’amour envers Lily était si pitoyablement prévisible que je le rejette depuis plus de cinq ans !), moi je ne les accepte pas. Je déteste ce que JKR a fait de lui dans le tome 7. Et, au fond, je suis ravie qu’elle l’ait tué. Ce Severus Rogue-là ne me convient pas.
Je peux accepter sa mort. N’était-elle pas programmée depuis le début, cette fin définitive ? Même la façon dont il meurt ne me choque pas. Je ne m’attendais pas à une fin glorieuse pour lui. Par contre, les raisons pour lesquelles il meurt, ça, ça me reste en travers de la gorge (si j’ose dire). Non pas les raisons évoquées par Voldemort. Non, les raisons pour lesquelles JKR le tue. Uniquement pour qu’il puisse avouer à Harry Potter - le détesté - ce qu’il cachait tout au fond de lui. Un Severus Rogue qui n’était pas à l’agonie n’aurait jamais confessé ses pensées de la sorte.
Mais le « Récit du Prince » ! J’ai cru que ce cauchemar ne se terminerait jamais, JKR ajoutant une couche et encore une couche, jusqu’à plus soif. Jusqu’à ce que je demande grâce.
J’ai quitté ce chapitre en ayant l’étrange impression de m’être fourvoyé pendant sept années. Je n’ai pas reconnu le terrible Maître des Potions, le Mangemort repenti que je croyais avoir aperçu dans les six précédents tomes.
JKR nous l’a pris, ce Severus-là, pour nous en restituer un autre. Un salop uniquement animé par un amour d’enfance qui ne le fait même pas avancer. Un pauvre type incapable d’assumer sa vie de Mangemort, son rôle d’espion, ses choix. Non, il n’assume rien, ce Severus du tome 7.
Où certains voient un héros romantique, je ne vois qu’une carcasse vide.
Il n’y a pas de rédemption dans le Severus Rogue de JKR. Et moi aussi, il me dégoûte dans les raisons pour lesquelles il se tourne vers Dumbledore. Où sont les remords, la prise de conscience ? Où est l’âme ?
Rien ! Le néant ! Si ce n’est Lily Evans (la belle, l’intelligente et la populaire Lily Evans) qui épouse l’ennemi (le beau, le riche, l’intelligent et le populaire James Potter). Cet amour, cette admiration si proche de la déification, me semble terriblement pathétique. Il n’y a rien de touchant dans ces souvenirs, rien de beau. Même le Patronus paraît surfait.
Ce ne sont que belles redondances pour expliquer de façon très simpliste un comportement.
JKR, où as-tu mis ton imagination concernant Severus Rogue ? Où est l’ambiguïté ? Où sont les tourments ? Où sont le cœur et la rédemption ? Tu en as fait un être plat, incapable d’évoluer. Non pas tragique, comme je l’espérais. Non, négatif.
Je le rends, ce Severus Rogue. Je n’en veux pas.
Il n’y a rien de positif en lui, alors qu’il avait toutes les cartes en main pour nous jeter à tous une magnifique leçon de courage, de force. Mais non. C’est un gars minable qui se moque bien des autres, tant que cela ne touche pas Lily (sa précieuse et définitivement morte Lily). Il n’est qu’un égocentrique incapable de la moindre remise en question.
Je viens de vivre sept ans dans un mirage.
Garde-le, JKR, moi, je n’en veux pas.
L'écriture, c'est un feu d'artifices de mots, c'est un joyau qu'on déballe d'un écrin. C'est tout et ce n'est rien. On est tout puissant sur des personnages qu'on a enfantés et en même temps, on est sans pouvoir, parce qu'au fil de l'écriture, ils prennent une autonomie qu'on n'espérait pas.