La Souricière

Objets perdus

Texte Libre

Bonjour à tous !

 

Je m'appelle Virginie (mon pseudo est Virgile). Je suis professeur de français en Belgique et je me prétends écrivain.

Ce blog voguera au fil de mes écrits et plongera au coeur de mes déboires d'enseignante. Parce que les deux font partie de ma vie et s'installent en maître au centre de mes pensées.

Jeudi 22 février 2007

Je râle beaucoup et souvent sur mon métier de prof, j'en ai douloureusement conscience. D'ailleurs, le dernier article publié en parlait encore.

Mais je tenais à signaler que ce métier-là me passionne et, au-delà de tous les problèmes (et il y en a énormément) qui existent dans l'enseignement, c'est quelque chose de magique.

Les élèves ne sont pas tous des anges ; ni tous des caïds. Certains vous aiment et d'autres vous détestent. Mais bon sang ! Quel plaisir de voir un enfant s'épanouir !

Certains élèves n'ont besoin de vous que pour leur apprendre quelques petites choses, parce qu'ils sont aidés à la maison, parce qu'ils ont une intelligence théorique très importante, parce qu'ils apprennent facilement et que tout les passionne.

D'autres ont plus de difficultés et ce sont ceux-là qui vous permettent de vous sentir vraiment utiles. Vous les portez à bout de bras, qu'ils le veuillent ou non. Et à la fin, vous êtes souvent récompensés de vos efforts. Oh, pas avec de l'argent ni des cadeaux matériels ! Ces présents-là ne sont guère importants. Non, vous êtes remerciés parce que l'élève vient vous voir à la fin de l'année et il a son bulletin serré contre son coeur. Il ne vient pas voir sa copie d'examen ou vous demander pourquoi il a eu tel ou tel point. Non, il vient juste pour vous souhaiter de bonnes vacances. Et ça, c'est inestimable.

Depuis quelques mois, j'ai entrepris un gros travail puisque je me suis lancée dans la construction de ma maison. Si je n'ai évidemment pas fait le gros-oeuvre, j'ai passé (et je passe encore) beaucoup de week-end sur le chantier. Parce que mon beau-père fait lui-même l'électricité, le sanitaire et le chauffage. Parce que j'ai moi-même mis toute l'isolation de l'étage. Et quand il a fallu faire du mortier pour cacher tous les tuyaux, avant l'arrivée du carreleur, j'ai eu une aide précieuse.

Vous devez vous demander pourquoi je parle de cela alors que j'évoque les joies de l'enseignement. Tout simplement parce que l'aide qui est venue, c'était un de mes anciens élèves. Sachant que je construisais (il vit dans le village où tout se sait ;-)), il a proposé son aide. Il est en professionnelle maçonnerie, je ne l'avais plus vu depuis trois ans. Et pourtant, il est arrivé un matin, avec un autre copain de classe. Et il a passé tous ses temps libres sur le chantier, dès qu'il rentrait de l'école, quand il avait un jour de congé...

Alors, voilà ! Oui, le métier de prof, c'est parfois ingrat. On n'est pas les mieux lotis dans nos établissements qui tombent en ruine, avec des élèves qui chahutent ou qui vous détestent. Mais, parfois, il y a un petit quelque chose qui vous fait comprendre que vous n'êtes pas là pour rien. Et cette petite étincelle suffit pour redémarrer, pendant des semaines.

Un prof, il ne demande pas grand chose, au fond. Et il se satisfait de peu.

Savoir qu'un ancien élève ne m'avait pas oublié, qu'il venait proposer son aide parce que c'était moi, cela me paraît de continuer d'avancer et de me dire que les gamins qui sont dans mes classes, je les aide à grandir.

par Virgile publié dans : Humeur du jour
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Mardi 20 février 2007

Pour faire suite à un article de La Prof sur son blog "Prof en Zep... Dompteur de fauves" et pour soutenir un collègue français qui se voit fermer son blog et menacer d'un blâme et même d'une révocation, un petit commentaire corrosif :

Je suis enseignante depuis quatre ans. Je travaille en discrimination positive (ZEP = zone d'enseignement prioritaire) et tout va bien.

Aucun élève n'injurie le moindre professeur, nul enseignant n'a jamais reçu de chaise dans la figure.

Aucun de mes collègues n'a jamais été frappé par des parents.

Le chahut, les insultes, les coups n'existent pas dans les écoles belges, pas plus que dans les écoles françaises.

Il y a quelques semaines, il n'y a jamais eu de directeur poignardé à plusieurs reprises par un élève qui venait d'être renvoyé. C'était une invention honteuse des médias.

Jamais un parent n'est venu fracasser une porte de classe à coups de hache parce qu'on avait renvoyé son enfant.

Le monde de l'enseignement est un monde merveilleux où les élèves et les professeurs se respectent. C'est un monde où rien de fâcheux ne peut vous arriver. Et le professeur qui dit le contraire est un menteur, il piétine l'éthique même de l'enseignement. Il ignore son droit de réserve qui lui commande de se taire.

Recteur, directeur, inspecteur, principal, conseiller pédagogique... qui passez par ici, sachez que mon monde est fantastiquement rose et serein.

Jamais je n'avouerai que j'ai peur d'aller dans une classe parce qu'un adolescent qui vient de passer une demi année dans un centre fermé arrive dans le groupe. Je ne le dirai pas parce que ce serait bien sûr quelque chose de fondamentalement faux et que l'enseignement est le plus beau métier du monde et le plus peinard.

par Virgile publié dans : Humeur du jour
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Mardi 20 février 2007

Auj. bb à garder... stop... pas beaucoup de tps... stop... suis collée au divan pour ecture intensive des premiers mots de bb... stop... (ex. : vache : qu'est-ce qu'elle fait la vache ? meuh...)

Bb en super forme... stop... vais mourir de fatigue sous peu... stop...

Bb là aussi demain... stop... Jour de congé : jeudi... stop...

par Virgile publié dans : Humeur du jour
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Copyright

 

L'écriture, c'est un feu d'artifices de mots, c'est un joyau qu'on déballe d'un écrin. C'est tout et ce n'est rien. On est tout puissant sur des personnages qu'on a enfantés et en même temps, on est sans pouvoir, parce qu'au fil de l'écriture, ils prennent une autonomie qu'on n'espérait pas.

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