Un petit dessin de Zale, cette fois en couleur. Il y a déjà quelques temps qu'il est colorisé mais je n'avais pas le temps d'y porter la touche finale. C'est enfin chose faite.
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Bonjour à tous !
Je m'appelle Virginie (mon pseudo est Virgile). Je suis professeur de français en Belgique et je me prétends écrivain.
Ce blog voguera au fil de mes écrits et plongera au coeur de mes déboires d'enseignante. Parce que les deux font partie de ma vie et s'installent en maître au centre de mes pensées.
Un petit dessin de Zale, cette fois en couleur. Il y a déjà quelques temps qu'il est colorisé mais je n'avais pas le temps d'y porter la touche finale. C'est enfin chose faite.
Qui a un jour cru que les profs n'avaient pas de vie ? Ben ceux-là se foutent le doigt dans l'oeil !
Je viens de passer deux semaines de pur délire. Un monument érigé à la gloire des 48 heures par jour, pour avoir enfin le temps de boucler une petite partie de ce qu'il y a à faire.
Depuis la fin des vacances de Carnaval (déjà la troisième semaine de cours... ce que ça passe vite o_O), j'ai eu les pires difficultés à me poser sereinement pour penser et écrire des articles sur le blog.
La semaine de la rentrée a été remarquablement calme. Enfin, si on peut dire que la vie de prof, dans une école en discrimination positive, peut être sereine :
1. Un élève a été renvoyé pour troubles psychiques (apparemment, il ferait des crises de schyzophrénie aigue) ;
2. Mon nouvel élève est anormalement calme et poli (je m'en méfie comme de la peste, je suis certaine qu'il cache son jeu et qu'il va se réveiller après Pâques) ;
3. Une élève de la classe du-dit nouvel élève a véritablement disjoncté. Je pense (ne le répétez surtout pas) qu'elle est folle. Je l'ai mise dehors lors d'une interrogation (ce que je ne fais jamais, même dans certaines situations extrêmes) et elle a hurlé dans les couloirs durant toute l'heure de cours. Impossible pour moi de quitter le local pour l'envoyer chez le préfet puisque les autres étaient en test et comme le local est isolé de toute civilisation, nul ne s'est inquiété de ces cris d'hystérique. Apparemment, elle avait fait la même chose durant le cours de sciences et avait balancé ses bics et crayons contre la porte, pendant une bonne demi heure.
Le week-end est arrivé à point nommé : je suis partie deux jours à la côte belge et bon sang ! quel bien cela m'a fait ! Il me fallait vraiment décompresser après la semaine de folie qui annonçait la couleur pour les cinq semaines à venir.
La semaine passée, l'exitation des chères têtes blondes est montée crescendo. Le Carnaval approche, mes amis, et la folie gagne les rangs.
1. Trois crans d'arrêt ont été confisqués auprès de quelques anges de l'établissement.
2. Je me suis fait houspiller par un gentil papa qui estimait que je n'avais pas à garder son gamin jusque 16 heures alors qu'il avait une permission pour quitter les cours à 15h55. Je vous évite les fautes d'orthographe et de grammaire qui jalonnaient la missive parentale. Ai été trouver le directeur pour soutien hiérarchique... obtenu sans trop de difficulté... Le gosse rase les murs et je me fais un plaisir de lui assurer mon entière obligeance envers ses contraintes liées aux transports en commun.
3. Je suis partie à Bruxelles avec les élèves, vendredi ! Un temps de merde. Il a plu toute la journée, la seule accalmie remarquée est arrivée au moment où j'entrais dans la gare avec les gamins pour rentrer chez nous. Un véritable bonheur... Mes bottes ne sont toujours pas sèches et j'ai eu un mal de crâne qui m'a empêché de dormir la nuit de vendredi à samedi.
Et là, c'était le sommet ! Samedi et dimanche, j'ai peint les plafonds de chez moi. J'ignorais que le corps était composé d'autant de muscles et qu'ils pouvaient faire aussi mal. Mon dos n'est que souffrance et écrire au tableau est devenu une véritable torture. En plus, les élèves osent me demander si j'ai corrigé leurs travaux et interros ! Mais je vous le demande : QUAND aurais-je pu saisir mon bic rouge (qui vient de rendre l'âme il y a quelques minutes) pour m'atteler à la lourde tâche des corrections ?!
Là, je vais y retourner, d'ailleurs : les couvertures de livres que mes élèves ont créées attendent patiemment que je m'y intéresse (il y en a quelques unes qui sont vraiment belles et intéressantes).
Que des bonnes nouvelles après les vacances de Carnaval :
1. Nouvel élève dans ma classe de 2° professionnelle. Un gentil p'tit gars de 16 ans, avec des gosses de 14 ans, qui ont un bon fond mais proches de l'explosion. Une petite étincelle et ils partent en vrille. Donc, nouvel élève qui vient de se pointer. On l'attendait depuis quelques semaines mais entre-temps, il était retourné d'où il venait car il avait recommencé ses conneries. Et d'où venait-il ? D'un centre fermé pour adolescents délinquants. Il vient d'y passer six mois et impossible de refuser son inscription. Merci qui ? Merci, madame Arena ! Donc, la phase un de l'alerte rouge est déclenchée.
2. Retour providentiel d'un élève qui a été renvoyé juste avant les vacances. Le pauvre ange (rappelons qu'il avait amené un cran d'arrêt avec une lame de 20 cm et qu'il avait uriné dans le banc d'un condisciple) n'a pas trouvé d'école et nous sommes donc obligés de l'accueillir à nouveau. Merci qui ? Merci, madame Arena ! Donc, la phase deux du code rouge est déclenchée.
3. Renvoi (sans doute pas définitif parce qu'il va revenir avant même qu'il ne soit réellement parti) d'un autre élève pour faits de violences à l'encontre de condisciples, menaces à l'encontre de professeurs et aussi parce qu'il a uriné sur la porte d'une classe... Viendra-t-il venger son honneur bafoué ? Donc, la phase trois du code rouge est déclenchée.
Mais je tiens à dire que tout va bien ! On refait les bureaux des directeurs, nous avons une nouvelle machine à café, nos élèves sont merveilleusement studieux... Le monde de l'enseignement est bien sûr rose et fantastique !
L'écriture, c'est un feu d'artifices de mots, c'est un joyau qu'on déballe d'un écrin. C'est tout et ce n'est rien. On est tout puissant sur des personnages qu'on a enfantés et en même temps, on est sans pouvoir, parce qu'au fil de l'écriture, ils prennent une autonomie qu'on n'espérait pas.